Le mouvement étudiant s'organise au Québec. Pour ceux qui ne seraient pas au courrant, le gouvernement libéral a décidé cet été(sans passer par l'assemblée nationale) de dégeler les frais de scolarité sur les cinq prochaines années, ce qui entraîne une hausse des frais de scolarité universitaires, une moyenne de 50$ par session(pour une session de 12 crédits). Une partie de l'argent des frais supplémentaire servira à financer un pendant provincial au programme fédéral déjà en place «Universitas»(qui m'aide personnellement à financer mes études post-secondaires) qui permet aux parents de jeunes enfants de prévoir les études post-secondaire de leur enfant et de les encourager à investir dans un fond qui ressemble pas mal à un REER mais pour les études plutot que pour la retraite. Ce sont les familles aisées ou du moins qui ne sont pas dans la misère qui bénéficient de ce programme. Une autre partie des fonds du dégel seront remis en crédit d'impôts, mesure qui profite également aux plus riches, qui font assez d'argent pour payer des impôts(ce n'est pas le cas de la plupart des étudiants, ces crédits iraient aux parents d'enfants encore à charge qui prennent déjà en main les études de leurs enfants). À peu près le quart des revenus du dégel seront remis en bourses d'études. Là, on ne peut pas chialer. Mais en définitive, le tout cumulé nuira à l'accessibilité aux études suppérieures qui est la meilleure au Canada. Au Québec, seulement 12% des jeunes évoquent des raisons financières pour ne pas poursuivre leurs études, ce qui est très très bas sur la scène nationale. Une hausse des frais de scolarité sans réel coussin pour les éponger pour les jeunes de milieux moins favorisés fera augmenter ce pourcentage et restraindra l'accès aux études universitaires.

Bon, vous avez le topo. Ca bouille ici à Québec et en même temps c'est tiède. Les étudiants sont encore aigris de la grève de 2005. L'association d'anthropologie ici à l'Université Laval est en grève jusqu'au 5 novembre, date à laquelle ils détermineront si ils reconduisent leur mendat de grève. L'ACELUL(Association de Création et Études Littéraires de l'U Laval), l'association à laquelle j'appartiens, a opté pour une grève de deux jours les 14 et 15 novembre, nous avons joint les gens d'histoire et de philosophie dans ce mouvement et plusieurs assemblées générales spéciales se tiendront très prochainement dans diverses autres association à ce sujet. Il y a du transport qui sera organisé le 14 pour permettre aux étudiants débrayés de prendre part aux activités à Montréal qui se tiendront en guise de protestation au dégel des frais de scolarité. Les Universités de Montréal semblent beaucoup plus chauds à l'idée de sortir dans la rue et mettre en péril une session pour la cause que leurs homologues du reste du Québec, y compris ici, dans la capitale. Les CÉGEPs ne nous appuient pas dans nos démarches(quelle surprise, le CÉGEP c'est gratuit et personne ne remet ça en cause, ça ne les touche pas), c'est un peu plate parce que les universitaires, qui avaient beaucoup plus à perdre dans la grève générale illimitée de 2005, se sont beaucoup impliqué pour la cause lors de cette grève qui profitait beaucoup aux CÉGEPs et atteignait aux pilliers de la conception commune du corps étudiant face à la place de l'éducation dans un société distincte québécoise. Les CÉGEPiennes et CÉGEPiens ont tout à gagner à ce que les frais de scolarités restent gelés pour leurs prochaines études universitaires. La lutte c'est maintenant, il ne sera pas temps de pleurer sur leur facture parceque tout aura fouarré en 2007-2008.

Une alternative qui avait été proposée à la grève générale illimitée était de refuser de payer ses frais de scolarité en totalité pour la session d'hiver, en bloc. Qu'en pensez-vous?