Manifestation pratique de lecture estivale
Par Aurélie Jobin, mercredi 27 juin 2007 à 17:29 :: Général :: #34 :: rss
"Il semble établi de toute éternité, sous toutes les latitudes, que le plaisir n'a pas à figurer au programme des écoles et que la connaissance ne peut qu'être le fruit d'une souffrance bien comprise."
J'ai recemment lu un essai très intéressant par Daniel Pennac, un auteur français que j'aime beaucoup. Ca s'intitule "Comme un roman" et ça traite du plaisir de la lecture, des difficultés qu,on éprouve à "faire aimer la lecture", à "faire lire" les jeunes. Il rapporte des conversations, notemment entre parent qui veut que son ado lise et ledit ado. Le conjoint de Pascale(la cousine extraordinaire de mon oncle Phillipe, cousine chez qui je loge ici en France pour quelques jours) ici a deux jumaux de 13 ans et alors que l'on était à table, cette discussion-là a éclaté entre le père et l'un des fils. Je croyais rêver...
-Et puis, tu vas pouvoir lire quand même ce soir, y'a pas que les jeux vidéo!
-Mouais...
-Ben tu avance dans ton livre alors?
-Bah... ouais.
-Combien de pages?
-Jsais pas... Il doit y en avoir 150?
-Jveux dire, t'en es à quelle page?
-Oh! Euh je sais pas... au quart ptêtre...?
-Ben va falloir t'y mettre hein! C'est pas dur fiston de prendre un quart d'heure et d'ouvrir ton bouquin, tu pourrais te forcer un brin!
-Oui papa... jsais...
Ca m'a vraiment sauté à la figure, c'était pile ce dont l'essai traite; de la pression autours de la lecture, de l'insistance "alors, qu'est-ce que tu as compris de ce que tu as lu?", du dégoût et surtout de la peur qui entoure l'objet maintenant sacro-saint du livre, de ce que l'on place l'analyse du texte avant le texte. Et de constater cela à peine 2 jours après la fin de ma lecture, dans une discussion anodine, ça m'a vraiment donné un choc. J'ai eu l'impression d'avoir l'Homme dans son habitat naturel et de l'observer au travers d'une lentille, ou à la télé au Discovery Channel, avec ma voix en background qui faisait le commentaire de ce que je pouvais constater. Drôle de feeling...
"Le verbe lire ne supporte pas l'impératif, aversion qu'il partage avec quelques autres: le verbe aimer, le verbe rêver.(...)
-Monte dans ta chambre et lis! Résultat? Néan. Il s'est endormi sur son livre."
Papa si tu ne l'as pas déjà à ta bibliothèque, je te l'apporte, y'a même plein de citations marquées dedans!
Commentaires
1. Le jeudi 28 juin 2007 à 10:54, par Gilles G. Jobin
2. Le jeudi 28 juin 2007 à 11:19, par Marie
3. Le jeudi 28 juin 2007 à 19:33, par Aurélie
4. Le vendredi 29 juin 2007 à 12:20, par Marie
5. Le mercredi 7 janvier 2009 à 23:50, par gaza 2009
6. Le vendredi 23 janvier 2009 à 08:32, par hotel
7. Le lundi 2 février 2009 à 01:31, par marie1542
8. Le lundi 6 avril 2009 à 02:03, par fadwa54
9. Le mercredi 26 août 2009 à 05:21, par 4cielciel4
10. Le vendredi 25 septembre 2009 à 01:33, par damedecoeur
11. Le dimanche 13 décembre 2009 à 06:20, par bilbawa
12. Le jeudi 17 décembre 2009 à 04:21, par primabelle
13. Le jeudi 31 décembre 2009 à 04:12, par falafil54
14. Le vendredi 15 janvier 2010 à 04:28, par sabre5
15. Le lundi 8 février 2010 à 02:32, par samadu
16. Le samedi 8 mai 2010 à 02:47, par nicolas548
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